De Brusselaars en het Stockholmsyndroom

Wee Brussel ! (1)

RTBF.be, 24 september 2013

Walen, weest meedogenloos voor de “octopus”, het “schrikgedrocht”, de “uitdijende stad”! Onverschrokken Walen, trekt ten strijde tegen de “hypertrofie” en de “buitenmaatse groei van Brussel”. 1 Deze woorden dateren uit 1963 en zijn dus precies vijftig jaar oud. Met een pen als een dolk laat François Perrin geen spaander heel van het toenmalige regeringsproject om de grenzen van de Brusselse agglomeratie een weinig te verleggen. Perrins analyse moet uiteraard worden gesitueerd in een tijdssfeer van nakende revolutie en ‘anti-imperialistische’ strijd. Ze getuigt echter ook van de diepgewortelde, gemeenschapsgebonden logica die aan de federale ‘reformating’ van België voorafging. Ze toont zonder omwegen dat er nooit – toen niet maar ook later niet – een volwaardig debat heeft plaatsgevonden over het statuut en de grenzen van Brussel, het derde Belgische gewest. Lire la suite

Notes:

  1. “A propos des projets linguistiques du gouvernement”, François Perrin, Combat, 13 juni 1963.

Les Bruxellois et le syndrome de Stockholm

Honnie soit Bruxelles (1)

RTBF.be, 24 septembre 2013

Wallons, pas de quartier pour cette « pieuvre », cette « hydre », cette « ville tentaculaire ». Hardis Wallons, sus à l’ «  hypertrophie » et au « grossissement démesuré de Bruxelles ». 1 C’était en 1963, il y a cinquante ans exactement. La plume affûtée comme une dague, François Perrin taille en pièces le projet du gouvernement d’alors d’élargir un tantinet les limites de l’agglomération bruxelloise. L’analyse a bien sûr les saveurs de l’époque, des révolutions à venir et des grandes luttes « anti-impérialistes ». Mais elle témoigne surtout de la logique profonde, d’essence communautaire, qui a présidé à la reformatation « fédérale » de la Belgique. Elle indique sans ambiguïté qu’il n’y eut jamais, ni alors ni par la suite, de véritable débat sur le statut et sur les frontières de la troisième région belge, la Région bruxelloise. Lire la suite

Notes:

  1. « A propos des projets linguistiques du gouvernement », François Perrin, Combat, 13 juin 1963

L’Accord d’Association est fondamental pour l’Ukraine et pour l’Union européenne

Historians in Ukraine (ukrainian), Historians in Ukraine (english), 4 Juillet 2013, Libertiamo, 18 juillet 2013

A. Portnov. Pour de nombreuses personnes en Ukraine, la question de savoir si l’Ukraine va signer ou non l’accord d’association avec l’UE cet automne semble être la question principale en ce qui concerne le futur du pays. Pensez-vous que ce document pourrait être signé cette année, et pensez-vous qu’il soit réellement si important ?

O. Dupuis. La conscience que les citoyens européens ont de la réalité de l’Union européenne et leur appréhension de son devenir sont tellement évanescentes aujourd’hui que toute prévision politique est devenue extrêmement difficile. Pas simple de déterminer si ce sont ceux qui campent, par pure convenance, sur une position d’ « intransigeance démocratique » qui l’emporteront ou, au contraire, ceux qui sont convaincus de l’importance fondamentale de l’adhésion de l’Ukraine à l’Union, pour l’Ukraine et pour l’Union. Ce qui est sûr, c’est que l’Accord d’Association est prêt et qu’il devrait, selon moi, absolument être signé. Son importance ne fait aucun doute car c’est la condition sine qua non pour affronter une question beaucoup plus sérieuse : l’ouverture de véritables négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, négociations qui pourraient opportunément commencer par les chapitres 23 « Appareil judiciaire et droits fondamentaux » et 24 « Justice, liberté et sécurité ». C’est aussi la garantie la plus solide que l’on puisse donner à Julia Tymochenko et à tous ceux et celles qui pourraient à l’avenir être victimes de procès politiques. Lire la suite

Rigueur n’est pas austérité

rtbf.info, 29 mars 2013

En dépit de tous les trains d’économies, plus ou moins opportuns, pris par le gouvernement belge au cours de ces deux dernières années, il est difficile de se départir de la sensation désagréable que la mesure de la crise traversée n’a toujours pas été prise. Pourtant, la plupart des indicateurs sont toujours à l’orange, voire au rouge. Selon une étude des professeurs Carine Peeters et Leo Sleuwaegen 1, « les exportations belges ont perdu, en dix ans, 21 % de parts de marché dans le secteur marchandises et 9 % dans le secteur des services. ». « En outre, il ressort que la principale raison qui pousse les entreprises belges à se fournir à l’étranger (en services) est l’économie des coûts de personnel. » Et, « plus inquiétant » selon le professeur Sleuwaegen : « la faible proportion des produits de haute technologie parmi les exportations belges ». Pour l’Institut des comptes nationaux, notre « balance commerciale est repassée dans le rouge en août (2012) avec un déficit de 0,3 milliard d’euros ». 2 En ce qui concerne la croissance, même les prévisions prudentes de l’Institut de Recherches Economiques et Sociales de l’UCL (+ 0,8 % en 2013 du PIB) ont déjà été revues à la baisse (+ 0,2 % en 2013). Quant à notre dette publique elle est remontée à 101% de notre PIB… pour un total de 377 milliards d’euros et une charge de la dette de quelques 12 milliards. En termes de compétitivité, la Belgique est passée, selon la Banque mondiale, de la 20ième place en 2008, à la 33ième place en 2012. Lire la suite

Notes:

  1. « La FEB veut booster l’exportation », Laurent Lambrecht, La Libre, 18 septembre 2012
  2. La Libre, 16 octobre 2012

L’introversion des Belges

Le HuffingtonPost, 10 février 2013, Libertiamo, 8 marzo 2013

Après l’accouchement, laborieux, d’un accord sur la sixième réforme 1 de l’Etat au terme d’une crise gouvernementale de plus de 500 jours 2, du 6 juin 2010 au 6 décembre 2011, le climat belgo-belge se fait de nouveau « torride ». Indubitablement, le grand rendez-vous électoral (régional, national et européen) de juin 2014 agite déjà les esprits. Les propos peu amènes volent de plus belle au pays de Tintin et Milou, sans toutefois avoir la saveur des jurons du capitaine Haddock.

Extraits choisis :

Bart De Wever, président de la NVA 3 : « (les francophones) veulent de l’argent, un maximum d’argent pendant aussi longtemps que possible, et ils veulent Bruxelles » (…) « Mais il ne sera pas dit que Bruxelles tombera dans les mains francophones ! 4 ».

Benoît Lutgen, président du CDH 5 : « Si demain la Flandre choisit le séparatisme et la N-VA, je peux déjà dire à Bart De Wever : cela sera sans Bruxelles. C’est ‘nuts’ : on peut encercler Bruxelles tant qu’on veut, il y a 95% de francophones à Bruxelles et ils doivent être respectés » 6.

Ambiance. Lire la suite

Notes:

  1. La transformation de la Belgique d’un Etat unitaire en un Etat (con)fédéral a nécessité (jusqu’ici) six réformes constitutionnelles (en 1970, 1980, 1988-89, 1993, 2001 et 2011)
  2. Où, avec 541 jours, la Belgique pulvérisa le record mondial détenu jusque là par l’Irak.
  3. N-VA, Nieuw-Vlaams Alliantie, parti indépendantiste flamand
  4. VRT, « De Zevende Dag », 20 janvier 2013
  5. CDH, Centre des Démocrates et Humanistes, ex Chrétiens-démocrates francophones
  6. RTBF, « L’Indiscret », 13 janvier 2013