« Marcho Doryila », que la liberté entre avec toi

Interview de Mairbek Vatchagaev avec Olivier Dupuis

Kavkaz.Realii, rédaction Nord-Caucase de Radio Free Europe, 23 février 2017

En 2004, vous et vos collègues du Parti radical transnational avez amené le Parlement européen à se prononcer sur la question du génocide tchétchène perpétré en 1944 par le régime soviétique. Qui vous a aidé dans cette entreprise ?

Beaucoup d’amis, au Parlement européen bien sûr. Ignacio Sallafranca, un député espagnol du PPE et mon collègue radical Gianfranco Dell’Alba en premier lieu. Il y a eu aussi beaucoup de soutien de mes amis tchétchènes Oumar Khanbiev, Ilyas Akhmadov, Tina Ismailova, … de tous mes amis du Parti radical. Lire la suite

Si ce n’était une tragédie, l’Ukraine serait une bénédiction pour l’Union européenne

Historians in Ukraine, 15 mai 2015, InformNapalm (fr), 15 mai 2015, CRCUF, 22 mai 2015, Euromaidan Press, 23 mai 2015, European Sotnia, 30 mai 2015

Andriy Portnov. Comment expliqueriez-vous que l’Ouest en général est aussi effrayé de reconnaître la vérité en ce qui concerne l’agression russe en Ukraine et, élément plus important encore, de répondre à cette agression ?

Olivier Dupuis. L’Europe est bien sûr tétanisée face aux changements charriés par la révolution technologique et par l’accélération de la mondialisation. Mais, bien plus encore, elle reste incapable de se percevoir comme telle, comme une communauté, plurielle certes, mais communauté forte d’intérêts et de destin. Dans une bonne partie des classes dirigeantes nationales européennes persiste l’idée délétère d’une Europe fonctionnelle, utile en première et dernière instances, à des projets nationaux irréductibles. Cette approche funeste continue à opposer deux niveaux d’intérêts, le national et l’européen, alors que le projet européen a précisément pour objectif de les articuler. Cette occultation de la nature de la construction européenne, confortée par une volonté persistante des Etats de confiner les citoyens à la marge de la vie politique européenne, participe pour beaucoup à la désaffection, voire au rejet du projet européen, et au repli des citoyens sur leur pré carré national, avec toutes les illusions que cela comporte. Lire la suite

If the situation in Ukraine were not a tragedy, it would be a blessing for the European Union

Historians in Ukraine, May 15, 2015, InformNapalm (fr), May 15, 2015, CRCUF, May 22, 2015, Euromaidan Press, May 23, 2015, European Sotnia, May 30, 2015

Andriy Portnov. Can you explain why the West in general is so afraid of recognizing the truth about Russian aggression in Ukraine and, more importantly, why it is so afraid of responding to it?

Olivier Dupuis. Obviously, Europe has been paralyzed by the changes wrought by the technological revolution and the speed of globalizing. More importantly however, Europe has so far been unable to see itself as a community, a heterogeneous community to be sure, but one with strong common interests and a shared destiny. The national leaderships of a significant number of European countries persist in their repugnant idea of a purely functional Europe that is useful exclusively for furthering national interests. This lamentable approach continues to posit two levels of interest – one national and the other European – when the goal of the European project is precisely to link the two. This insistence on ignoring the nature of the European design, combined with a persistent desire on the part of States to keep their citizens on the margins of European political life, is one of the main reasons that so many people are disaffected with and even reject the entire European project. It is why so many citizens fall back behind their national lines and all the illusions that these entail. Lire la suite

A Common European Army: instructions for use

Le HuffingtonPost.fr, March 19, 2015, InformNapalm (fr), March 19, 2015, InformNapalm (en), March 19, 2015, InformNapalm (es), March 22, 2015, European Sotnia, March 22, 2015, Strade, March 24, 2015

Beginning with the observation that « with regards to foreign policy, we (Europeans) do not seem to be taken seriously » 1 Jean-Claude Juncker has made it clear in a recent interview with Germany’s Welt am Sonntag, that the European Union must have a common army. According to the President of the European Commission, the mere decision to equip itself with such an instrument would allow the EU to « send a clear signal to Russia that we (Europeans) are serious about defending European values » and would put the EU in a position to react « credibly » to threats to peace in a Member State or in a State bordering the Union. The words he used are of paramount importance. Juncker does not refer to a single European army that would replace the national armies; he is talking about a common European army. At no time does he say that all Member States would have to participate in such an undertaking. And finally, he makes it clear that a common army would not represent a “challenge” to NATO. Lire la suite

Notes:

  1. « Halten Sie sich an Frau Merkel. Ich mache das! » Welt am Sonntag, 8 March 2015

Armée européenne commune, mode d’emploi

Le HuffingtonPost.fr, 19 mars 2015, InformNapalm (fr), 19 mars 2015, InformNapalm (en), 19 mars 2015, InformNapalm (es), 22 mars 2015, European Sotnia, 22 mars 2015, Strade, 24 mars 2015

Partant du constat qu’ « en politique étrangère, nous (les Européens) ne semblons pas être pris complètement au sérieux » 1, Jean-Claude Juncker a souligné dans une récente interview au journal allemand Welt am Sonntag, la nécessité de doter l’Union européenne d’une armée commune. Selon le Président de la Commission, de par sa seule existence, la décision de se doter d’un tel instrument permettrait à l’Union européenne d’ « envoyer un signal clair à la Russie que nous (les Européens) sommes sérieux en ce qui concerne la défense des valeurs européennes » et mettrait l’UE en situation de réagir « de façon crédible » face à des menaces pour la paix dans un Etat membre ou dans un Etat voisin de l’Union. Les mots utilisés ont toute leur importance. Le Président de la Commission ne parle pas d’une armée européenne unique qui se substituerait aux armées nationales. Il parle d’une armée européenne commune. Il ne mentionne nulle part la nécessité que tous les Etats membres soient tenus de participer à cette entreprise. Enfin, il précise que cette armée ne serait pas en « compétition » avec l’Otan. Lire la suite

Notes:

  1. « Halten Sie sich an Frau Merkel. Ich mache das! » Welt am Sonntag, 8 Mars 2015