Les Mistrals pour la défense de l’Europe

Le HuffingtonPost, 8 août 2014, Strade, 8 août 2014

Inexistence stratégique de l’Europe, Acte 1. En avril 2008 au sommet de l’Otan à Bucarest, la France et l’Allemagne s’opposent à nouveau à l’intégration de la Géorgie dans l’alliance atlantique. Quelques mois plus tard, l’armée russe entre en Ossétie du Sud et avance vers Tbilissi, la capitale géorgienne. Pourtant soudainement l’offensive s’arrête. Etait-ce grâce à la médiation (tardive selon certains observateurs) de Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’Union européenne, ou en raison d’une précédente intervention diplomatique américaine ? La question demeure. Il reste qu’en reconnaissant les « indépendances » de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, les autorités russes ont procédé à une intégration-annexion qui ne dit pas son nom de ces deux territoires. Il reste également que quelque temps plus tard, en 2011, le Président Sarkozy a décidé, en dépit de pressantes mises en garde 1, de la vente de deux navires de projection et de commandement de type Mistral à la Russie. Lire la suite

Notes:

  1. Notamment de la part du philosophe André Glucksmann

Ukraine: neither war nor disgrace

Strade, March 6, 2014, Le HuffingtonPost, March 7, 2014, RTBFinfo, March 7, 2014, The HuffingtonPost, March 10, 2014

The invasion and occupation of Crimea by the Russian army effectively constitutes an act of war. The EU must now realise that it should no longer be allowed to get away with semantic acrobatics. It is a point of departure from which a strong and determined political response can be resolutely developed, in conjunction with the USA, Canada and the largest possible number of democratic countries.

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Ukraine : ni la guerre, ni le déshonneur

Strade, 6 mars 2014, Le HuffingtonPost, 7 mars 2014, RTBFinfo, 7 mars 2014, The HuffingtonPost, March 10, 2014

L’invasion et l’occupation de la Crimée par l’armée russe constituent à tous les effets un acte de guerre. Les recours aux acrobaties sémantiques ne sont plus permis : l’Union européenne doit faire ce constat. Il s’agit d’un point de départ indispensable pour pouvoir élaborer avec tout le sang-froid nécessaire une riposte politique forte et déterminée, de concert avec les Etats-Unis, le Canada et le plus grand nombre de pays démocratiques.

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Crise de la zone euro : ne pas se tromper de cible !

Libertiamo.it, le 21 janvier 2012

Si ce 16° sommet historique a débouché sur la décision de réunir une Conférence Intergouvernementale 1 chargée de rédiger à marche forcée un projet de traité, il n’a, pas plus que les 15 précédents, convaincu les marchés. Parmi les Etats qui avaient donné leur accord de principe à l’issue du sommet, les premières réserves n’ont pas tardé à fuser à Stockholm, Prague, Varsovie … En prime, ce nouvel accord a été obtenu au prix d’une mise à l’écart des Britanniques qui ne sont pas membres de la zone euro. Beau résultat ! Lire la suite

Notes:

  1.  Cette CIG réunit 26 Etats membres de l’Union (la Grande-Bretagne y participe en tant qu’observateur) ainsi que des représentants de la Commission et de la BCE. La participation du PE a été obtenue in extremis, en dépit d’une très forte opposition de la France

La France et l’Europe : l’heure de vérité ?

Libertiamo.it, 20 décembre 2011

Tout se passe comme si l’expérience ne comptait pas. Comme si, en matière d’intégration européenne, les multiples expérimentations – intergouvernementales – de ces deux dernières décennies n’avaient jamais été mises en œuvre, ou comme si elles avaient produit quelques avancées significatives dans le processus de consolidation et de démocratisation de l’Union.

Qu’il s’agisse de l’actuelle crise que l’on dit économique et financière – mais en fait politique – et de sa « gestion » – intergouvernementale – pour le moins erratique ; qu’il s’agisse du Président – intergouvernemental – du Conseil européen tiraillé entre Berlin et Paris ; qu’il s’agisse de la Haute Représentante – intergouvernementale – pour la politique étrangère et de son service diplomatique (Service Commun d’Action Extérieure) fort de 6000 personnes dont on peine toujours à percevoir l’action ; qu’il s’agisse encore de la politique – intergouvernementale – de défense et de sécurité commune inexistante, force est de constater que les grandes innovations intergouvernementales des traités n’ont produit que ce qu’elles pouvaient produire : peu, ou rien en termes de gouvernabilité de l’Union, beaucoup – et toujours plus – en termes de frustrations démocratiques chez les citoyens européens et chez ces 25 Etats-membres considérés comme quantité négligeable par le couple franco-allemand. Lire la suite