La défense de l’Europe à l’heure du réarmement allemand et de défis existentiels

Strade (italiano), 17 juillet 2017, Strade (english), 17 juillet 2017, VoxEurop (Deutsch), 4. September 2017, Vox Europ (polski), 15 września 2017

On parle, on reparle beaucoup d’armée européenne. Mais de quoi parle-t-on précisément ? A l’évidence, sous un même vocable, se cachent des projets fort divers. Parle-t-on d’une armée européenne unique ou commune ? D’une armée intergouvernementale ou d’une armée placée sous l’autorité des institutions européennes ? D’une armée constituée de contingents nationaux ou d’une armée composée de soldats européens ? Comme nous allons le voir, sur base de la réponse à ces trois questions, les scénarios qui émergent sont très différents, tant dans une configuration à 27 (improbable) que dans une configuration réunissant un nombre plus restreint d’Etats-membres de l’Union européenne au travers d’une Coopération Structurée Permanente telle que prévue aux articles 42 et 46 du Traité de Lisbonne. Lire la suite

Défense européenne : contours d’un compromis

Strade, 2 octobre 2015, Le HuffingtonPost.fr, 2 octobre 2015, European Sotnia, 9 octobre 2015

Ne boudons pas notre plaisir. Le vigoureux plaidoyer d’Alain Juppé au mois de juin 2015 en faveur d’une Europe de la Défense constitue un tournant. Pour la première fois depuis longtemps un homme politique français de tout premier plan souligne la nécessité de passer « du projet à l’impératif » 1. Lire la suite

Notes:

  1. « L’Europe de la Défense : du projet à l’impératif », Alain Juppé, Le Figaro, 26 juin 2015

Armée européenne commune, mode d’emploi

Le HuffingtonPost.fr, 19 mars 2015, InformNapalm (fr), 19 mars 2015, InformNapalm (en), 19 mars 2015, InformNapalm (es), 22 mars 2015, European Sotnia, 22 mars 2015, Strade, 24 mars 2015

Partant du constat qu’ « en politique étrangère, nous (les Européens) ne semblons pas être pris complètement au sérieux » 1, Jean-Claude Juncker a souligné dans une récente interview au journal allemand Welt am Sonntag, la nécessité de doter l’Union européenne d’une armée commune. Selon le Président de la Commission, de par sa seule existence, la décision de se doter d’un tel instrument permettrait à l’Union européenne d’ « envoyer un signal clair à la Russie que nous (les Européens) sommes sérieux en ce qui concerne la défense des valeurs européennes » et mettrait l’UE en situation de réagir « de façon crédible » face à des menaces pour la paix dans un Etat membre ou dans un Etat voisin de l’Union. Les mots utilisés ont toute leur importance. Le Président de la Commission ne parle pas d’une armée européenne unique qui se substituerait aux armées nationales. Il parle d’une armée européenne commune. Il ne mentionne nulle part la nécessité que tous les Etats membres soient tenus de participer à cette entreprise. Enfin, il précise que cette armée ne serait pas en « compétition » avec l’Otan. Lire la suite

Notes:

  1. « Halten Sie sich an Frau Merkel. Ich mache das! » Welt am Sonntag, 8 Mars 2015

L’affaire Dassault

Le HuffingtonPost, 17 décembre 2014, Strade, 19 décembre 2014, EuroDéfense-France, 17 janvier 2015

L’occasion était trop belle. L’objectif ne manquait pas de panache : créer autour du groupe Dassault une grande entreprise européenne d’aéronautique de défense. Las, Tom Enders, le président exécutif d’Airbus, a jeté l’éponge. Il vient de céder une première tranche de la participation d’Airbus dans Dassault au groupe … Dassault. Lire la suite

Les Mistrals pour la défense de l’Europe

Le HuffingtonPost, 8 août 2014, Strade, 8 août 2014

Inexistence stratégique de l’Europe, Acte 1. En avril 2008 au sommet de l’Otan à Bucarest, la France et l’Allemagne s’opposent à nouveau à l’intégration de la Géorgie dans l’alliance atlantique. Quelques mois plus tard, l’armée russe entre en Ossétie du Sud et avance vers Tbilissi, la capitale géorgienne. Pourtant soudainement l’offensive s’arrête. Etait-ce grâce à la médiation (tardive selon certains observateurs) de Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’Union européenne, ou en raison d’une précédente intervention diplomatique américaine ? La question demeure. Il reste qu’en reconnaissant les « indépendances » de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, les autorités russes ont procédé à une intégration-annexion qui ne dit pas son nom de ces deux territoires. Il reste également que quelque temps plus tard, en 2011, le Président Sarkozy a décidé, en dépit de pressantes mises en garde 1, de la vente de deux navires de projection et de commandement de type Mistral à la Russie. Lire la suite

Notes:

  1. Notamment de la part du philosophe André Glucksmann